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Prix VOIR AVEC LES MAINS

le 18 novembre 2010

La cérémonie de remise des prix a eu lieu le 18 novembre 2010 à Toulouse. Pour cette 2e édition du Prix Voir avec les Mains, 5 lauréats ont été récompensés pour leurs œuvres exceptionnelles :

  • Le Prix Peinture
  • Le Prix Sculpture
  • Le Prix Coup de Pouce, peinture et sculpture, particulièrement destiné aux artistes débutants
  • le prix spécial du Jury ( Nouveauté ! )

Le jury avait sélectionné 12 artistes pour la phase finale et, le 18 Novembre 2010, dans la salle des Illustres de la Mairie de Toulouse, en présence de plus de 250 personnes, la cérémonie s’est déroulée en présence de :

  • Nicole DEDEBAT, adjointe au Député Maire de Toulouse, en charge du Handicap
  • Charles GARDOU, président du jury ( retrouvez l’intégralité de son discours « Création artistique et situations de handicap » en bas de page )
  • Maryvonne LYAZID, présidente de la FISAF & Maurice BECCARI, directeur général

Ainsi que les représentants de CHORUM, MACIF Egalis, Mutuelle MUTANE, SERNAM, ont présidé à cette émouvante cérémonie.

Sous le patronage de Frédéric MITTERRAND

Ministre de la Culture et de la Communication

Ministère de la culture

Les cinq lauréats ont donc été :

  • Aïcha SEBAH pour le prix peinture avec une très jolie peinture intitulée Souvenir d’enfance.
  • MOTTE Zoé, pour le prix sculpture, avec une œuvre remarquable ALIZE.
  • Célia, Mattéo, Mathieu, Kaan et Solenne présentés par le CIVAL de LESTRADE, Toulouse, pour le prix Coup de pouce peinture avec La couleur des oiseaux
  • Nicholetta, Samia, Yasmine et Wafa présentés par le CRDV de Clermont-Ferrand pour le prix Coup de pouce sculpture avec une réussite totale pour La Solidarité Humaine.
  • Gilles de La Buharaye pour le prix Spécial du Jury pour le Chromosome Danseur.

Ces oeuvres voyageront par la suite en France en 2011 dans les principales capitales régionales et seront exposées dans des lieux ouverts au grand public.

Dans la catégorie Artiste Peintre :

SEBAH Aïcha : Souvenirs d’Enfance

 

SEBAH Aïcha Souvenirs d’Enfance

 

HAZEMBAT-CUADRADO Marie : Les porteurs d’eau

 

HAZEMBAT-CUADRADO Marie Les porteurs d’eau

 

MARTIN Nathalie : Paysage

 

MARTIN Nathalie  Paysage

 

MOTTE Zoé : Beau Soleil

 

MOTTE Zoé Beau Soleil

 

BURON Jules : Les molaires de mon frère

 

BURON Jules Les molaires de mon frère

 

Dans la catégorie Artiste sculpteur :

MOTTE Zoé : Alizé

 

MOTTE Zoé Alizé

 

DE LABUHARAYE Gilles : Le chromosome danseur

 

DE LABUHARAYE Gilles Le chromosome danseur

 

Dans la catégorie Coup de pouce Peinture :

Célia, Mattéo, Mathieu, Kann, et Solenne de l’IES de LESTRADE : La couleur des oiseaux

 

Célia, Mattéo, Mathieu, Kann, et Solenne La couleur des oiseaux

 

DOLARD Patrick, le Soleil Bleu : Invitation au voyage

 

DOLARD Patrick Invitation au voyage

 

RENAULT Yvan, le Soleil Bleu : Liberté, Egalité, Fraternité

 

RENAULT Yvan Liberté, Egalité, Fraternité

 

Dans la catégorie Coup de Pouce Sculpture :

Nicholetta, sama, Yasmine et Wafa du CRDV de Clermont-Ferrand : Solidarité humaine

 

Nicholetta, sama, Yasmine et Wafa Solidarité humaine

 

Florian, Institut l’Arc-En-Ciel – Marseille : Evocation de la Fraternité

 

Florian Evocation de la Fraternité

 

La FISAF remercie la Mairie de Toulouse pour son accueil, l'ensemble des partenaires et tous les artistes qui ont bien voulu lui faire l'honneur de participer à cette deuxième édition.

Création artistique et situations de handicap

Discours lors de la remise de la 2ème édition du Prix Voir avec les mains
Charles Gardou,Professeur à l’Université Lumière Lyon 2, auteur de « Fragments sur le handicap et la vulnérabilité »et de « Pascal, Frida Kahlo et les autres » Président du Prix Voir avec les Mains

Chers amis, soyez remerciés d’être aussi nombreux pour entourer et fêter les artistes peintres et sculpteurs. C’est un réel plaisir d’être parmi vous. Je suis honoré de présider ce jury du Prix national Voir avec les Mains, créé par la FISAF. Un jury qui rassemble des personnalités connues par nombre d’entre vous : Evgen Bavcar, chercheur en philosophie esthétique au CNRS et photographe, qui a perdu la vue à l’âge de 12 ans ; Georges Bonnefon, écrivain et critique d’art ; André Comte-Sponville, philosophe, membre du Comité consultatif national d'éthique ; Hoëlle Corvest, chargée de l’accessibilité pour le public déficient visuel à la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris, elle-même non voyante ; Olivier Harland, chef de projet à France Télévisions et Doris Valerio, sculpteur aveugle, créateur de la fontaine Rêves et regards, installée à Niort, et de l’Hommage à Louis Braille qui décore la bibliothèque de l’AVH à Paris. Au terme de choix concertés, je suis heureux de remettre ce Prix aux lauréats de cette 2ème édition, sur le thème de la dignité et de la fraternité, dans ce cadre somptueux du Capitole à Toulouse.

Mais permettez-moi de dire quelques mots sur la vision du handicap et de la création artistique qui sous-tend ce Prix. Il souligne d’abord que l’on ne saurait considérer comme « quelque chose d’extraordinaire » les productions d’artistes en situation de handicap ; ni, par compassion ou voyeurisme, à réduire ces artistes à des objets de charité ou à des personnages de Barnum1.

Ce Prix refuse aussi la complaisance et les appréciations systématiquement élogieuses, quelle que soit la valeur artistique des productions, sous prétexte que leurs auteurs sont en situation de handicap. Or, la complaisance est aussi préjudiciable que le voyeurisme : elle compromet la reconnaissance du créateur. C’est une évidence, le handicap ne garantit pas, à lui seul, la créativité et le talent artistique. En situation de handicap ou non, chacun a sa sensibilité, sa vie intérieure, ses talents, ses désirs et ses besoins d’expression. Jean Dubuffet se plaisait à dire qu’ « il n’y a pas plus d’art des fous que d’art des malades du genou ».

Aussi ce Prix s’oppose-t-il à une certaine vision de l’art plus sociale qu’esthétique. Il s’attache à la qualité de l’oeuvre, à son élégance, non à la seule générosité de la démarche.
Il n’est d’ailleurs qu’à se tourner vers ceux qui peuplent l’histoire de la peinture et de la sculpture pour constater que nombre d’entre eux étaient affectés d’une déficience visuelle, qui a infléchi leur style, voire a suscité leur flamme créatrice. Ils n’ont pourtant pas tiré leur reconnaissance de leur handicap mais de la puissance de leur créativité.
Les exemples abondent. El Greco souffrait d’une perturbation visuelle : certainement un astigmatisme, déformant de plus en plus gravement sa vision. Camille Pissarro, l’ami de Claude Monet, Auguste Renoir et Paul Cézanne, était victime d’une maladie inflammatoire du canal lacrymal, responsable d’une sévère photophobie. Edgar Degas était touché, lui, par une grave maladie oculaire le conduisant vers la cécité. Voici ce qu’il disait un jour à l’illustrateur Georges Jeanniot : « C’est très bien de copier ce que l’on voit ; c’est beaucoup mieux de dessiner ce que l’on ne voit plus que dans la mémoire… Là, vos souvenirs et votre fantaisie sont libérés de la tyrannie qu’exerce la nature ». Claude Monet, le maître des impressionnistes, atteint d’une cataracte2, ne voyait plus, de proche en proche, que les teintes rouges et tout lui apparaissait masqué par un brouillard opaque. Vincent Van Gogh, dont on connaît les troubles psychiques, souffrait certainement de xanthopsie, trouble visuel revêtant tous les objets d’une teinte jaune uniforme, certainement lié à sa consommation d’absinthe et de santonine. On pense à la Maison jaune, à la Jeune paysanne avec un chapeau de paille et à la Nature morte aux tournesols. Edvard Munch, célèbre pour son tableau Le Cri, était affecté à la fois d’une hémorragie vitréenne, qui voilait sa vision et d’une amblyopie de l’oeil gauche.

D’autres, un peu moins illustres, ont connu des difficultés du même ordre3. Gérard Lairesse, le peintre néerlandais4 parfois comparé à Nicolas Poussin ou à Raphaël, a perdu la vue à 50 ans des suites, pense-t-on, d’une syphilis congénitale. Devenu aveugle, il a néanmoins continué à dispenser des cours et à produire des écrits consacrés à l’art5. Charles Méryon, que Victor Hugo et Charles Baudelaire admiraient, était atteint de daltonisme. Le premier écrivait au second : « Depuis que vous connaissez Meryon, dites-lui que ses eaux-fortes, avec seulement ombres et éclairages, lumière et obscurité, m'ont ébloui »6. Cécile Douard, l’auteur des Grapilleuses sur le terril, devint aveugle à l’âge de 33 ans. Louis Valtat, peintre fauve, touché par un glaucome, cause d’une diminution de son acuité visuelle allant vers la cécité, ne quitta pas cependant son atelier de peinture de l'avenue de Wagram. Louise Hervieu, peintre mais aussi écrivain7, qui illustra les Fleurs du mal et le Spleen de Paris de Baudelaire, n’avait que 37 ans lorsqu’un un important affaiblissement de sa vision l’amena à passer de la couleur au noir et blanc8. Comme l’écrit justement François-Marc Gagnon, historien de l’art, « ce qui est magnifique chez eux, c’est la façon dont ils ont réussi à utiliser leur handicap, à en faire quelque chose que l’on peut appeler un chef d’oeuvre ou une oeuvre géniale ».

Cela étant, bien des obstacles, tant physiques que psychologiques, et des contraintes liées à la déficience, butant parfois contre celles de la discipline artistique choisie, exigent d’être dépassés. Jean Devost, artiste peintre québécois, qui enseigne son art à des personnes aveugles ou malvoyantes, en témoigne : « Je suis convaincu, dit-il, que les arts visuels ne sont pas réservés aux voyants. Les personnes touchées par une déficience visuelle peuvent peindre et créer de belles oeuvres, ce monde artistique leur appartient aussi (…) Au travers de mon travail d’enseignant, je m’efforce de les amener à devenir, par leurs oeuvres, des créateurs (…), de leur donner confiance, afin qu’ils acceptent de montrer au public ce qu’eux-mêmes ne voient pas (…) Beaucoup de personnes ne croient pas encore qu’une personne aveugle ou malvoyante puisse réaliser des dessins en perspective ou des portraits, encore moins des tableaux et de l’aquarelle. Ils pensent qu'ils peuvent, à la rigueur, sculpter, mais peindre leur paraît impossible (…) J’ai dû inventer de nouvelles façons de transmettre ce que je connaissais. J’ai donc beaucoup travaillé à l’élaboration d’objets en trois dimensions, afin d’expliquer la perspective, et à la construction d’objets en creux ou en relief pour ce qui est du portrait. Et, au fil des progrès de mes élèves, je dois développer une foule de petites astuces pour leur faciliter les choses ».

On ne peut pas non plus passer sous silence ces écueils spécifiques que continuent à rencontrer les personnes en situation de handicap, aspirant légitimement à une reconnaissance d’artistes : les formes de dépendance sociale et économique qu’ils connaissent ; la privation de certains droits dont bénéficient les autres artistes ; la prégnance des idées reçues et les représentations sociales dominantes.

Dans notre culture, il reste, reconnaissons-le, une difficulté à admettre que ces personnes, qui viennent déranger nos normes culturelles, sont à même de participer pleinement à la création artistique ; que leurs pratiques ne se réduisent pas à des activités d’ordre thérapeutique ou occupationnel ; que, pour elles comme pour tout artiste, l’art a pour fin dernière la jouissance esthétique et l’extension de l’univers des possibles.

Les artistes, ceux rassemblés ici et tous les autres, refusent de se laisser emprisonner dans leurs limites, leurs manques, leurs contraintes ; de se laisser enfermer sur eux-mêmes.

Avec eux, nous pensons que la création est une manière de regarder positivement le handicap, car elle ne se place pas sur le terrain du déficit ou du manque mais sur celui de l’être même et de l’affirmation de sa capacité à « faire oeuvre » : c’est-à-dire à « exister, à travers l’oeuvre, en avant de soi », selon les mots d’Henri Maldiney.

La création artistique n’ambitionne ni la conformité, ni l’utilité, ni la vérité. N’ayant d’autre visée que le surgissement de l’imagerie intime, de l’expression profonde, personnelle, culturelle, elle résorbe ce qui sépare, elle marie ce qui semble contraire. Charnelle, profondément charnelle, elle permet d’exorciser les angoisses, les deuils, les peurs, les frustrations.

La création artistique compense la vie. Cela est vrai pour les personnes en situation de handicap, tout autant que pour les autres.
Je laisse les derniers mots à Jean Genet. Evoquant l’oeuvre d’Alberto Giacometti, il disait combien l’art peut colmater nos blessures : « Il n’est pas à la beauté, écrivait-il, d’autre origine que la blessure singulière, différente pour chacun, cachée ou visible, que tout homme garde en soi, qu’il préserve et où il se retire quand il veut quitter le monde pour une solitude temporaire mais profonde ». Combien l’auteur du Journal du voleur et du Balcon avait raison !

Je vous remercie et, avec beaucoup de plaisir, je cède tout de suite la parole à Maryvonne Lyazid, présidente de la FISAF, puis à Maurice Beccari, son directeur, à qui ce Prix doit tant.

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